GEOMETRIE OPPOSITIONNELLE POUR MILITANT(E)S (1)

Lordon se bat pour qu’on pense par structures et Jorion ajoute qu’il est capital de comprendre que (et comment) elles émergent. Tous deux ont diablement raison : structures et émergence sont deux clefs fondamentales de la complexité. J’en profite donc pour parler ici de « structures oppositionnelles », car dans le dernier GarRi, le n°284, j’évoquais que, d’après la puissante analyse de P.A. Taguieff, un des noyaux conceptuels de la « nouvelle (extrême) droite » (chez A. de Benoist) se laisse capturer par un objet connu en philo comme « carré logique », objet qui, j’ajoutais, fait partie d’une toute nouvelle branche des mathématiques, la « géométrie oppositionnelle ». Or, cela peut nous aider dans nos luttes futures. Familiarisons-nous donc, avec patience/humour, avec ce genre d’armes conceptuelles (comme jadis, pour booster sa militance, on se familiarisait avec profit avec la « dialectique »). On sait depuis Aristote (300 a.C.) qu’il y a deux types d’« opposition » : la « contrariété » et la « contradiction ». De leur articulation graphique émerge l’implication (la flèche).

10.ContrarieteContradiction

Le grand-père de Pinocchio (!), le berbère et latin Apulée, a découvert (vers l’an 200) que la symétrie entre les contraires fait que le triangle de l’image précédente, redoublé, donne en fait lieu à un carré : le « carré des oppositions » (ou « carré logique »).

11.SymétrieGeometriqueDesContraires

Entre les deux termes (verts) du bas émerge une « sub-contrariété » (verte), une opposition à l’envers (ou collaboration). Cette structure, qui s’applique à tout, a servi, pendant tout le Moyen-Âge, à penser logiquement les rapports d’opposition (et d’implication) : c’était une sorte de petite « calculatrice » graphique (ou mentale) servant à mieux raisonner en philosophie, théologie, logique ou autres. Dans ce carré les deux termes (bleus) du haut (quels qu’ils soient) sont dits être « universels », tandis que ceux du bas (verts) sont dits être « particuliers ». D’autre part les deux termes de gauche sont dits être des « positifs » tandis que les deux termes de droite sont dits être « négatifs » (ou vice versa). La distinction « universel / particulier » est dite « quantitative », tandis que la distinction « positif / négatif » est dite « qualitative ». Au prochain épisode nous verrons un peu comment ce carré marche et se fait (utilement) dévorer par un « hexagone logique », dont je prétends qu’il est très utile pour penser la politique et (donc) l’agir ! À NDN comme ailleurs…

Post-Scriptum: ce billet est d’abord paru dans le n°291 de « GarRi la nuit », l’hebdo papier de Nuit Debout Nice 291

 

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