GEOMETRIE OPPOSITIONNELLE POUR MILITANT(E)S (2)

Nous avons introduit dans le dernier GarRi (n°291) la notion de « carré des oppositions » (ou « carré logique »). Ajoutons quelques autres éléments de compréhension, bizarres pour l’heure, mais – believe me – très utiles pour nous et pour ND à l’avenir. Ce carré sert fondamentalement à distinguer, dans quelque domaine que ce soit (!), les deux formes (« contrariété » et « contradiction ») que TOUTE « opposition » porte implicitement en soi. Sans le carré, on les confond. Or, ces deux formes sont très différentes. La contrariété est une opposition spéculaire (i.e. en miroir) : « jeune » s’oppose à « vieux » (« gentil » à « méchant », « petit » à « grand », etc.). En elle on garde l’universalité, mais on passe de positif à négatif (et vice versa) et les deux termes, définis, restent sur un même plan. La contradiction est par contre une opposition double et non-spéculaire : les deux termes qu’elle relie ne sont pas sur un même plan, l’un est défini (ex. : « jeune »), l’autre est vague (ex. : « non jeune ») ; d’autre part elle échange l’universel avec le particulier ET le positif avec le négatif (et vice versa) (cf. GarRi n°291). Très important : ce carré, comme nous disions, s’applique à tout (pourvu qu’il s’agisse de quelque chose de pas trop « instable » : car il faut que la négation puisse avoir un sens). Le carré s’applique ainsi à tous les « antonymes » de la linguistique et de la psychologie (que les enfants connaissent bien).

CarresAntonymiques

Plus fort encore, le carré s’applique aussi à la « différence » : si deux entités (personnes, choses ou concepts…) diffèrent, alors elles peuvent (et doivent !) former un carré logique.

CarresDesDifferences
Enfin, le carré s’applique aussi à des concepts ou idées formels (donc pas qu’à des mots), par exemple mathématiques ou logique : ce qui veut dire que le carré peut aider la science.

CarresFormels

Du fait qu’il s’applique à tout, ce carré est très important. Nous verrons qu’il permet d’éviter des erreurs insidieuses de raisonnement. Dans les prochains épisodes nous verrons comment on passe du carré à l’hexagone logique, puis de celui-ci à la « géométrie oppositionnelle » …

Post-Scriptum: ce court billet est d’abord paru dans le n°298 du « GarRi la nuit« , l’hebdo papier de Nuit Debout Nice 298

 

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